Muriel - Auteure - Nouvelliste

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Le compteur d'Ailes

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Le compteur d’Ailes :  80 pages - Quatrième de couverture

 

Une jeune femme, prostituée et illettrée, cherche à former des lettres afin d’écrire sa vie. Mais, en ce matin d’été, un appel téléphonique bouscule son projet et oriente sa journée vers un sens inattendu. Sera-t-elle en mesure de traverser les heures où l’erreur sommeille ?

 

L’histoire, évoluant dans un espace clos, se déroule en un seul jour. A travers le discours intérieur et les flashs mnésiques de l’héroïne, une multitude de déplacements jalonne cependant le récit.  De cette juxtaposition entre confinement et mouvement naît une intrigue colorée aux accents particuliers et tragiques.

 

Si vous souhaitez lire un extrait de la Nouvelle, c'est possible en cliquant sur ce lien :

 

http://www.youscribe.com/catalogue/livres/litterature/litterature-erotique/le-compteur-d-ailes-1979376

 

Extrait :

 

La vieille femme posa sa main décharnée sur sa bouche et pouffa d’un rire édenté. Son cœur calmé, elle se leva doucement, mit sa boîte dans un petit panier en osier, fit quelques pas et ouvrit la porte d’entrée. Elle n’avait qu’un étage à parcourir jusqu’à l’appartement de la prostituée mais, pour cela, elle devait compter sur les dix bonnes minutes que Dieu pouvait encore lui accorder sur cette Terre. Dix précieuses minutes pas à pas à gravir les marches. Penser à quelqu’un d’autre, la générosité en éveil, l’inutilité en berne. Agir comme auparavant, le temps de l’amour sans effort, lorsque le corps vole lorsqu’il se déplace.  


Nous étions samedi, le jour de la fête hebdomadaire de Marguerite lorsqu’elle sonnait et qu’Ailes ouvrait la porte.  


La petite mangera bien, ce tantôt ! Un repas équilibré… Elle en a besoin… Mais ce jour-là, la porte ne s’ouvrit pas. Marguerite resta un long moment plantée, puis osa sonner une seconde fois…. Peut-être, est-elle au téléphone ! Mais aucun son ne parvint à ses oreilles à travers les murs friables. Ou bien, au petit coin… Elle attendit donc, en prise avec cette éventualité.  


Mais rien ne vint.


À l’affût de tous ses va-et-vient, la vieille dame savait Ailes dans l’appartement, seule. Cette dernière connaissait le jour et l’heure exacts de sa venue. Leur rituel. Chaque fois, la jeune voisine était ravie… Elle la faisait entrer et toutes deux, au détour d’une conversation anodine, savouraient  une petite liqueur de noix… Alors, quoi aujourd’hui ? Pleurait-elle ? Avait-elle du chagrin ? S’emmurait-elle dans un silence empreint de tristesse ?
Marguerite se tassa davantage et courba le dos. La tête dans les épaules, elle déposa devant la porte close, le petit panier en osier, puis lentement s’éloigna de l’appartement d’Ailes. Se tenant à la rambarde de l’escalier, elle regagna en silence son deux-pièces, puis tira les volets. Tout était achevé, à présent. Sa vie venait s’échouer en un dernier point d’orgue, et, elle le pressentait, il ne restait plus qu’à attendre, de cette attente funeste dont on ne guérit jamais !
 
 

 



17/11/2013
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