Muriel - Auteure - Nouvelliste

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Assa, le Vénitien

Assa, le Vénitien

 

 

Synopsis :

 

"26 août 1576. La Peste noire décime la Sérénissime. Bravant l'interdit qui pèse sur sa communauté d'appartenance, Assa, jeune médecin juif, cherche, de nuit, à sortir du ghetto, afin de porter secours à la femme qu'il aime. 

A travers le parcours particulièrement dangereux de l'homme, est dépeinte une Venise agonisante, dont l'atmosphère putride contraste étonnamment avec la force d'un nouvel amour. Et c'est au coeur de ce décor sans fard où la mort révèle à l'homme sa finitude, qu'émerge la beauté des sentiments les plus purs sur fond de violence extrême."

 

Ce récit a reçu le Diplôme d'Ouvrage Remarqué dans le cadre du Palmarès 2014 des Grands Pris Internationaux d'Arts et de Poésie, décerné par la Société des Poètes et Artistes de France. 

63 pages.

 

Disponible à la librairie Ombres Blanches, rue Gambetta, Toulouse, rayon littérature 

 

 

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Extrait

 

 

 

La nuit venait juste de tomber. Assa se leva. Il n’avait pas eu besoin de se réveiller car, depuis deux heures, il gardait les yeux ouverts, allongé sur sa couche, les volets fermés, en pleine pénombre. Il devait faire vite. En ce mois d’août, les premières lueurs de l’aube ne tarderaient pas à darder leurs aiguilles de feu. Et le jeune homme ne pouvait prendre le risque d’être vu en pleine lumière.  Ajoutée à cela, la forte prégnance d’odeur d’œufs pourris et de chairs putréfiées qu’offrait la chaleur du jour. Non, la meilleure heure était celle-ci !

 

 

Nu dans la pièce centrale, il se dirigea vers la lourde table en bois, prit un pichet,  se versa un verre de vin aromatisé et but d’un trait. Vaincre la pestilence de l’air par tous les moyens ! Un voile brillant humidifia son regard tandis que la brûlure du breuvage traversa les fibres de sa chair en un éclair. Son corps s’apaisa.

 

Il délaissa le vêtement habituel, la  roulette jaune accrochée à sa poitrine et le chapeau rouge, signes incontournables de son appartenance à la diaspora juive, pour revêtir celui, plus recherché et craint en ces temps de grande détresse, de médecin. Rien ne devait dépasser. Aucune parcelle, même infime, ne devait être exposée à l’air ni aux autres. Le danger était trop grand.

 

Il fallait aller vite ! Il chaussa des bottines en cuir. Puis vint la chemisette qu’il prit soin de fermer dans la culotte de peau. Il recouvrit le tout avec une longue toile cirée. Assa, déjà suant, saisit un masque funeste à long bec de vautour, ouvrit un bocal d’éponges imbibées d’épices et de plantes aromatiques et fourra à l’intérieur du nez artificiel un mélange odoriférant à base de thym, de mélisse, d’ambre, de camphre, de clous de girofle, d’opium, de myrrhe, de pétales de rose et de l’incontournable vinaigre des quatre voleurs. Le geste vif, il enfila le masque, le sangla à l’aide d’une courroie  et respira à pleins poumons. Il crut défaillir, tituba légèrement. Le visage d’Isabelle s’imposa et dansa devant son regard voilé. Un désir violent empreint d’une sourde angoisse eut raison de son vertige. L’homme se ressaisit, attrapa une gourde et versa rapidement à l’intérieur un élixir aux multiples senteurs. Le jeune médecin insista sur la thériaque afin de calmer la douleur et d’apaiser la jeune femme après la cautérisation. Il enfila des gants de cuir, mit une paire de lunettes, prit son baluchon d’outils chirurgicaux, une fiole d’alcool fort, son poignard, un bâton, ouvrit la porte et sortit.

 

 

 

 

Assa le Vénitien.png

 

 



24/02/2016
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